Centrul de Drept Constituțional și Instituţii Politice (CDCIP)

Mihaela STĂNCIULESCU – Le rapport entre l’état et la religion

La culture et la civilisation européennes se sont développées au fil du temps sous l’influence du christianisme prôné par l’Eglise, facteur de témoignage et de façonnage, tout au long de l’histoire, de la vie sociale tant en Occident qu’en Orient. Le début du XXe siècle expose l’Eglise à une avalanche de problèmes issus des mentalités qui doivent se repositionner dans le nouvel ensemble européen caractérisé par l’unité dans la diversité. La position des pays européens par rapport à la liberté et à l’autonomie des institutions religieuses exerce une influence majeure tant dans la relation entre l’Eglise et l’État que dans le rôle et la place que l’État doit reconnaître à l’Eglise.

Le droit à la liberté de la foi religieuse connaît deux dimensions distinctes: la liberté de la foi religieuse comme droit fondamental individuel et le rapport entre l’État et la religion / les cultes. Dans le cas de la liberté de la foi exercée individuellement, l’État a le devoir d’adopter un comportement neutre, d’abstention, qui ne réduit pas le droit de l’individu à la libre conscience et à la foi religieuse. L’institutionnalisation de la foi crée le contexte par lequel les cultes se trouvent dans un autre rapport avec l’État qu’avec les citoyen, en tant qu’individu. Les Etats ont le devoir de protéger leurs citoyens par les biais d’un système juridique et administratif de promotion et de garantie des droits et de libertés. La liberté religieuse se trouve au cœur de la préoccupation parce qu’elle représente un droit exercé au niveau de la collectivité, même s’il est individuel, l’Etat étant appelé par ses institutions publiques à assumer le rôle et les obligations de garant.

Même si la séparation de l’Eglise et de l’État a abouti à l’indépendance des institutions de l’État, qui adoptent une position équidistante dans les questions religieuses, l’influence de la religion sur l’ensemble des évolutions sociales est néanmoins liée à la conscience des hommes et à une série de valeurs humaines et humanitaires fondamentales, tandis que la coopération entre les institutions religieuses devient une nécessité publique. Pour ne pas déboucher sur un conflit, il nous faut un équilibre entre la liberté d’attirer des adeptes, les droits, les obligations et les intérêts des dénominations religieuses, du facteur humain et des autorités de l’État parce que le droit à la religion ne signifie pas automatiquement la liberté de la religion.